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Gueules cassées, 2011.
120X100 cm.

[…] Tisser des idées, [re]coudre des corps [...]
Texte publié sur la plaquette éditée pour l'exposition au TAMAT.

Recherche qui consiste à découper au scalpel imaginaire des corps et des images. Les ouvrir, puis les
remplir. Une opération chirurgicale, plastique et troublante telle « la rencontre fortuite sur une table de
dissection d'une machine à coudre et d’un parapluie transformés et agencés à la sauce mémoire,
soupoudrés de pulsions inconscientes et d’associations anachroniques tournées vers un futur incertain.
Une danse des images telle que celle à laquelle appelait un vieux sâge à se faire mouvoir l’anatomie humaine.
Se libérer de la raison et se sentir traversé de multiples flux et sensations. Loin de toute rationnalité, ou plutôt
une autre, un appel au visuel, une invitation à se laisser guider par une sorte d’atlas aux chemins sinueux et
rebondissants que sont ceux de la pensée.

Une année de travail entamée par la prise de vue photographique d’animaux taxidermés, la récolte
d’archives de la Grande Guerre, l’exploration de livres médicaux, de codex préhispaniques, etc. Constituer
des paquets d’images et les rendre visible sur certains plans d’intelligibilité (chimères, petits théâtres de
guerres, cartes de tarots, cruauté, gueules cassées, animaux en cage, récits de cicatrices, etc.)
Quelles sont les limites de notre enveloppe charnelle ? Le monde qui nous entoure n’est il jamais qu’une
prolongation de notre propre corps, celui de l’expérience. Et si tout cela était contenu en nous ? Tisser,
couper, coller, monter. Ce travail en cours interroge et consiste à créer, par des coupes opérées dans ce
chaos visuel dont nous faisons partie, une immanence temporelle à travers les temps, des espaces de
pensées…

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